Cher tous,
Ne jamais crier victoire trop vite !
Pourquoi le fait d’exprimer noir sur blanc un sentiment de joie laisse forcément présager l’inverse pour les heures qui vont suivre ? Ce phénomène est-il prouvé scientifiquement quelque part ?
C’est un peu comme la victoire du Rassemblement National aux Européennes, sacrément blanche sur noire celle-ci, qui s’est imposée deux jours après mon cri de joie Bordelais privilégiant le bonheur du vivre ensemble. Laissez-moi vous raconter.
Je vous l’écrivais précédemment, je flottais dans ce chef-lieu de la Nouvelle Aquitaine, ricanant le menton haut (un peu trop) avec mes copines fraichement rencontrées quelques mois auparavant, retrouvant doucement ma silhouette de ma vingtaine, fière de danser dans ces rues aux airs de Dolce Vita Italienne et halte ! Qui voilà ? Le retour du boomerang. Ensemble on va plus loin mais seul on va plus vite, il m’en a fallu de peu pour y échapper mais j’en ai décidé autrement, j’ai foncé droit devant.
C’est alors que tout s’est enchainé en l’espace de quelques jours. Je suis devenue la figue plutôt que le raisin et ai assisté à l’équivalence d’un entretien de licenciement mené à la baguette pour faute professionnelle avec l’une de mes rencontres Bordelaise. La rupture d’une amitié soudaine, la peur et ses questions ont pris le dessus, pas de place pour deux dans une cage serrée et moi ne sachant quoi répondre, pensant à la Margherita de trop qui m’empêchait d’avoir la répartie qui me connait, observant tranquillement l’herbe qui m’était coupées sous mes pieds et réfléchissant déjà à ma journée du lendemain qui levait le drapeau rouge face à un score sans appel : 1 – 0. Un peu comme celui de la France face à l’Espagne en ce moment, l’Europe ne s’en sort finalement pas si mal. Moi qui ai l’habitude de tout contrôler, je me suis retrouvée à devoir accepter mon sort, celui d’un Russel Crow passant d’un général Romain à celui d’un Gladiator.
Ni une ni deux, me voilà claquant la bise à mon nouvel ancien pote, courant rattraper ce tramway, seul lui avait la réponse à mes déboires d’un vendredi soir maltraité, celle de rentrer chez soi, vite. C’est à ce moment-là que la loi de Murphy est intervenue avec brio : tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal. S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. Je n’aurai pas dit mieux, visualisez la scène : une jeune femme fraichement mise à pied courant sur les pavés de la place de la Bourse, loupant cette marche mal placée et se retrouvant dans les pas d’un homme probablement dans la même situation nous projetant tous les deux ventres à terre bras dessus bras dessous, mon genou plus dessous que dessus. La journée du lendemain sera longue, très longue. Me voilà donc enfin dans la peau de Bridget Jones. Mes clés cachées entre deux pavés, je fini par rentrer chez moi après avoir eu au téléphone une amie qui s’apprêtait à se planter un couteau dans le bras s’acharnant à vouloir décoller des gnocchis surgelés collées dans une casserole à deux heures du matin. Sa journée du lendemain a été aussi longue que la mienne, soyez en sure. Elle a eu deux points de suture après huit heures d’attente aux urgences. L’un des deux a sauté le lendemain.
Mon samedi au boulot a été lui aussi mi-figue mi-raisin, un froid glacial jeté dans un environnement de travail habituellement chaud, un genou boiteux et enflé, de la glace, beaucoup de glace, à l’image de l’ambiance qui régnait au milieu de cette décoration pleine de Gorille et d’Eléphant : Welcome in the Jungle.
Le lundi qui suivait, mon canapé arrivait en bas de mon immeuble. Littéralement. Mes yeux de biches n’ont pas suffi, ce livreur n’a rien voulu savoir, il a laissé ce carton de soixante-quatorze kilos en bas de chez moi. J’ai réfléchi, vite, une solution devait s’imposer, coute que coute. Après avoir sonné chez mes voisins, une vieille dame elle aussi boiteuse arriva. Ce n’était vraiment pas le bon cheval sur lequel j’avais misé ! Deux jeunes hommes vaillants croisèrent mon chemin, mon canapé était dans mon salon dans les minutes qui suivirent. Un début de lumière se faisait entrevoir, je retombe souvent sur mes pattes.
Quelques jours ont passé et je décidais de partir à l’océan à la remise de diplôme de l’une de mes collègues et amie représenter ma boite avec son cher et tendre. Une remise de diplôme réussie bien qu’ils eussent tout, sauf les diplômes. Après deux heures de route, c’était con. Une fois les courbettes qui s’imposaient passées, nous avons fini dans cette chambre de l’amour, une plage idyllique à tourner au Chardonnay, accompagné d’un type si gentil ne supportant pas se faire offrir quoi que ce soit. 22h30 : quelques bouteilles plus tard, nous avons décidé de tourner enfin les talons, nous étions partis pour deux heures de route en pleine nuit et ne voilà t’il pas que l’autoroute fut fermée, nous obligeant à emprunter une nationale avec tous les camions de nuit barrant la route. Aucun couple n’y échappe, les péripéties routières entrainent obligatoirement des disputes conjugales frôlant parfois des débuts de divorces. Me voilà donc à l’arrière, à arbitrer une finale Djokovic – Federer, comptant les points, et surtout les heures. Ma semaine était vraiment pourrie et malgré tout pleine de rire, l’absurdité de cet effet boule de merde n’en était que risible.
Alors je suis repartie au boulot, pleine d’entrain, supportant tout sourire cet aspirateur aux décibels d’un moteur d’A 380 en partance pour l’autre bout du monde, espérant que le jour d’après serait plus joli.
Et c’était le cas. Je suis partie en Normandie et le rire a pris le dessus, le soleil surplombe tout.
Bonne soirée.
Pivot….pivot!!!!!!
Je n’y avais même pas fait gaffe…!! Vraiment tout le temps avec nous celui ci !!!