Cher tous,
Je te laisse écrire, laisse-moi parler. J’en connais un qui est en train d’hurler. Ou de rire. Les deux à la fois ? Ça fait partie du jeu. De qui parle-t-on ? Nous faisons référence à un bébé Franco-Tunisien, un petit gars aux cheveux tout droit descendus d’une publicité DOP t’incitant à avoir une vie meilleure et te donnant espoir en la vie avec Prettiest Virgin d’Agar Agar en bande originale d’une vie pas encore accomplie. Un son découvert entre un mousseux beaucoup trop bulleux avec Sara, et Lardenne, un coin bien trop paumé permettant les prémices de cette vie prometteuse.
Je dois vous l’avouer, je ne suis pas toute seule face à cette église classée, datant du onzième siècle. Sara me susurre, en ce 8 mai, date fatidique marquant l’Histoire de France, timidement, qu’elle s’est retrouvée sur le site de Midi Pyrénées, à contempler une photo de mon Amour d’une vie, posant fièrement tel Ryan Gosling et Myla Kunis, alias un moi dans une autre vie, tournant le dos à la Montagne Ariégeoise, ancrée telle une Reine, prête à mourir dans plusieurs décennies. Elle me coupe dans ma lancée littéraire et mon verre de blanc brut « Regarde, on dirait une intervention divine ».
La lumière traverse ces montagnes et ces forêts, elle me recoupe encore « Regarde Raph, comme c’est beau, regarde mon fils, regarde la chance, mais oui, c’est incroyable. »
Elle s’en va, me laisse en solitaire sur ma terrasse, haut perchée dans mon village, avec son fils haut perché lui aussi sur ses épaules et admire en me disant « Ce village c’est un peu à moi aussi, sans la taxe d’habitation. Tes parents sont des créateurs de souvenirs. Je te remercie pour ces moments merveilleux. Je suis honorée de profiter de cette vie. »
Je suis la plume elle en est le poète, l’humilité prend le dessus, grâce à Dieu, son égo est clairement plus faible que le mien. Cet endroit pour elle, c’est ma maison d’enfance devenue celle de son enfant. Une superbe preuve qu’une maison familiale sautille de famille en amis. Elle en est l’amie, je suis sa famille. Elle en a la chair d’ampoule à la lecture de ce dernier paragraphe, je vois le rapport certain entre la lumière et ce moment suspendu : il n’y a qu’elle pour accompagner cette comédie qui n’en est que musicale, celle du rire de son gosse emmitouflé entre son manteau petit bateau et sa sincérité dont je ne pourrai jamais douter. Elle me parle de son père, face à ce paysage, me dit qu’elle préfère être droite dans ses bottes, et il est plus question que de l’autre plutôt que d’elle ici, elle aime cette valeur entière retranscrite dans ces mots, on espère que ses anciens sauront en mesurer la valeur.
Je suis sa sœur qu’elle n’a jamais eue, elle est cette sœur que j’ai pu avoir, dans un monde si parfait, que j’ai savouré pendant des années, jusqu’à ce que je devienne grande, face à ces Montagnes.
Il est 21 heures, quelques larmes de Sara coulent comme des bijoux sur ses joues, elle me dit : « Jamais personne n’a écrit mon histoire avec autant de sincérité. C’est si beau. » Je lui réponds « Ce n’est que l’introduction, je t’aime et je t’écoute, évidemment que je dis la vérité. » Cette vérité, on ne l’écrira pas, on la gardera pour nous et pour les sons de cloches de cette église parfaitement construite au milieu du village dans lequel nous nous fondons pour éclipser nos moments de vies difficiles. Tout est rose en ce soir de Mai, les couleurs changent toutes les heures, et ce n’est pas ce que Météo France nous avait prédit, Sara et son fils jettent des cris de bonheur malgré notre passage dans les bouchons nous imposant un moment arrêté en voiture. Entre nous, ce n’était pas la peine de se donner autant de mal à arracher les ongles des villageois, en guise de torture, une bonne heure dans les bouchons suffisait amplement à retenir la leçon.
Cet enfant grandi au fil de mon village montagnard, il était dans les bras de Morphée dans une brouette et gambade aujourd’hui dans les boutons d’or Ariégeois n’ayant jamais aussi bien portés leurs noms : ce petit garçon est heureux.
Grandir, est-ce voir les autres grandir ? Nous en avons l’image aujourd’hui, entre notre peau prête à accueillir un botox inutile et ce petit bonhomme d’un an et des poussières absorbant sa purée maison, elle-même voisine de Michel. Michel, c’est un grand gaillard qui a trouvé l’amour dans son pré, sous les caméras de Karine Le Marchand, également pisté par ce groupe hystérique en plein, je cite, « trail de promenade » dans mon village haut perché Ariégeois. Michel est-il aussi heureux que depuis qu’il est dans la lumière ? On en revient à cette chair de poule, pauvre maison où les poules chantent et le coq se tait.
Nous sommes dans ce village face à ces montagne chargées d’Histoire, nous vacillons entre l’amour et la vie, le village est lumineux, Sara et son fils chantent, et moi je me tais.
Bonne soirée.